Naviguer et s'amarrer dans un Port : Des règles de base

Naviguer et s'Amarrer dans un Port



Naviguer et s'Amarrer dans un Port : Des Règles de Base



Superyacht manoeuvrant vers son poste d'amarrage, poupe à quai à Marina Port Vell à Barcelone.Yacht manœuvrant vers son poste d’amarrage à Marina Port Vell, Barcelone. Remarquez le personnel du port sur l’eau, prêt à porter assistance ainsi que le membre d’équipage du yacht à droite de l’image, à l’affut d’un problème.

 

Souvent générateurs de stress, l’entrée dans un port comme les manœuvres d’amarrage comptent parmi les moments les plus délicats de la navigation. La promiscuité avec les autres bateaux et les conditions météorologiques laissent peu de place à l’erreur et en font un exercice périlleux si les règles des manœuvres ne sont pas correctement maîtrisées.
 
Tout est question de préparation et d’anticipation. Maîtriser son bateau c’est d’abord bien le connaître, c’est également tenir compte de l’ensemble des paramètres fluctuants (vent et courant). Une bonne coordination et donc une bonne communication à tous les postes sont indispensables pour une synchronisation parfaite d’une manœuvre réussie.
 
Une manœuvre ratée a cependant rarement de graves conséquences, même si elle génère de l’énervement et de l’impatience souvent liés à la pression du regard du public à quai.
 
Les risques principaux sont :

  • Blesser un équipier
  • Abimer le bateau
  • Engager un bout dans l’hélice

 
En cas de problème, il est préférable de ressortir et de recommencer la manœuvre plutôt que d’improviser.
 
 

LE SKIPPER DOIT ÊTRE SEUL MAÎTRE À BORD ET SEUL MAÎTRE DE LA MANŒUVRE
LE SKIPPER DOIT ÊTRE CAPABLE DE RESSORTIR À TOUT MOMENT
LA PREPARATION : 80% DE LA MANŒUVRE


 

 

Articles liés :
 

 

 

 
 
L’APPROCHE DU PORT
 
La manœuvre se prépare à l’avance en eau libre. Ne jamais hésiter à refuser une place si elle apparaît trop délicate.
 
Il s’agit dès lors de :
 
  • Connaître les spécificités du port : le trafic en cours, les obstacles, l’espace de manœuvre, la profondeur de l’eau, la nature des courants et des vents.
  • Tester les réactions du bateau, si on ne le connaît pas, dans un endroit dégagé : pas de l’hélice, puissance du moteur, rayon de rotation, fardage.
  • Placer chaque équipier à sa place suivant ses compétences.
  • Préparer le bateau et dégager le pont et le cockpit. Vérifier qu’aucun bout ne traîne dans l’eau.
  • Sortir les défenses et en placer des deux côtés du bateau au niveau du maître-bau, c’est là que le bateau va toucher ses voisins ou le ponton. Prévoir un pare-battage « volant » afin d’éviter un « crash ». Un pare-battage mal placé ne sert à rien.
  • Préparer les amarres et adapter leur longueur. En Méditerranée, la plupart des places sont sur pendilles : Préparer les deux aussières à l’arrière pour amarrer la poupe du bateau, ne rien mettre sur l’avant puisqu’on y frappera la pendille.
 
 

 

L’ENTRÉE DANS LE PORT
 

  • Observer les conditions avant la manœuvre : orientation du vent dans le port qui peut être différent de dehors, force du vent afin de déterminer la vitesse à laquelle il sera possible de manœuvrer et de quelle manière il faut en tenir compte dans la trajectoire à prendre.
  • Lorsque la place est en vue, rester stationnaire, positionner le bateau cul au vent pour garder le contrôle.
  • Décider de la stratégie pour la manœuvre la plus facile: marche avant ou arrière, tribord ou bâbord à quai, un peu ou beaucoup de gaz. Mettre en place les aussières. Ajuster les pare-battages.
  • Visualiser précisément la trajectoire avant de commencer la manœuvre en fonction de l’espace libre et de la prise au vent du bateau.
  • Toujours prévoir un plan B

 
Notez qu’il est parfois préférable d’arriver dans le port en marche arrière. Si la manœuvre s’avère certes plus difficile, elle a le mérite de permettre au skipper de réagir plus vite en cas de problème et de repartir aussitôt.
 

 
 

LA MANŒUVRE
 

  • Ne jamais oublier : « petite vitesse petits dégâts, grande vitesse gros dégâts. »
  • Régler et adapter la vitesse sur la distance à parcourir et trouver le point d’équilibre où le bateau est encore manoeuvrant, juste assez lent pour finir la manœuvre sur l’erre sans avoir à la casser d’un coup de marche arrière.
  • Ne pas oublier qu’en marche arrière, l’hélice ne tourne plus dans son sens naturel et a tendance à faire chasser le cul du bateau. Une fois identifié le côté vers lequel le bateau dérape, lancer la marche arrière en donnant un bref coup de fouet pour le contrer au plus vite.
  • Tout vérifier soi-même.
  • Si le personnel de la Capitainerie vous donne des conseils ou des instructions, suivez-les.
  • Ne jamais modifier le plan prévu en cours de manœuvre.
  • Ressortir le plan B en cas d’imprévu sans jamais improviser.
  • Toujours garder le moteur en marche jusqu’au bout, ce qui permet de réagir plus vite.
  • Amarrer le bateau.

 
Une manœuvre n’est terminée qu’une fois le bateau amarré, rangé et le livre de bord clos.
 
 

 

EN CAS D’ERREUR
 
Une erreur peut toujours arriver. Mais bien gérée et avec calme, elle se résoudra dans la plupart des cas sans dommage. Ce ne sera juste qu’une manœuvre ratée. Il faut toujours garder à l’esprit qu’il est préférable d’aller s’appuyer tranquillement sur un autre bateau avec des pare-battages bien placés pour réfléchir au meilleur moyen de s’en sortir, plutôt que de tenir absolument à se dégager rapidement en prenant le risque de taper plus fort contre un autre bateau, le quai ou de voir un équipier se blesser.
 

 

 

LE CAUCHEMAR MEDITERRANÉEN : L’ACCROCHAGE DANS LES PENDILLES
 
En Méditerranée, l’amarrage se fait presque toujours sur pendilles. On s’amarre cul à quai et l’avant du bateau est retenu par une chaine métallique qui se prolonge le plus souvent par un cordage. Cette pendille est attachée en permanence à l’une de ses extrémités sur le quai, à son autre extrémité à une chaîne mère posée au fond de l’eau. Elle permet de retenir le bateau à l’avant afin qu’il ne recule sur le quai.
 
Ce peut-être alors la pire des situations : Le bateau est pris dans les pendilles en longeant le quai et le vent le plaque contre les étraves des bateaux qui sont à quai. L’attroupement des curieux est inévitable. Mettre un grand coup de gaz pour tenter le « tout pour le tout », comme le font malheureusement certains skippers affolés, doit être absolument proscrit. Il est indispensable de protéger le bateau dans un premier temps, puis d’étudier la situation.
 
Une pendille prise dans l’hélice a pour conséquence soit d’endommager l’hélice, soit de couper la pendille avec l’hélice, ou encore d’endommager l’arbre de transmission. Le safran peut également subir des dégâts s’il retient le poids du bateau.
 
Mesures immédiates :

  • Débrayer le moteur pour ne pas engager une pendille dans l’hélice.
  • Protéger le bateau en envoyant les équipiers déborder.
  • Etudier la situation, généralement rien de grave ne s’est encore produit, et repérer les pendilles afin de comprendre comment s’en sortir.

 

 

L’APPAREILLAGE
 
L’appareillage est souvent plus aisé que l’accostage car la manœuvre peut être réfléchie et le bateau préparé tranquillement à quai. Cela n’empêche en rien de prendre en considération l’ensemble des paramètres inhérents à tout déplacement dans un port et de rester notamment très vigilant lorsque les espaces sont plus réduits, ce qui est de plus en plus fréquent.
 
Si le bateau est amarré parallèlement au quai, la méthode employée pour l’en extraire devra être celle de la « garde avant » qui consiste à faire pivoter le bateau par l’avant tout en l’éloignant du quai. La sortie en « garde arrière » consistera à reculer en pivotant pour éviter les heurts.

 
 
  Voilier appareillant dans le port de Marina Baie des Anges, Villeneuve-Loubet (06). 


X
Vous pouvez vous connecter soit avec votre nom d'utilisateur ou votre adresse e-mail.
Le champ mot de passe est sensible à la casse.
En cours de chargement